29.07.2008

chanson numéro 3

Le mateur

j'entre par effraction dans les automobiles
où sans honte je mate les cuisses des conductrices
diable quelle émotion elles sont découvertes !

je frôle du regard la douceur séductrice
de bas ou de collants, de résilles tentatrices
le mouvement nerveux du pied sur les pédales
déshabillent les dames par petites saccades
je bénis les feux rouges et les embouteillages
je passe de l'une à l'autre comme on tourne des pages

j'entre par effraction dans les automobiles
où sans honte je mate les cuisses des conductrices
diable quelle émotion elles sont entrouvertes !

le triangle isocèle dont le sommet caché
promet douceur touffeur langueur et volupté
invente un espace de rêves et de désirs
une géométrie tournée vers le plaisir
j'aime ces femmes sans tête serties d'un habitacle
qui en toute innocence se donnent en spectacle

j'entre par effraction dans les automobiles
où sans honte je mate les cuisses des conductrices
diable quelle émotion elles me sont offertes!


je me glisse furtif par la vitre chauffeur
pour voler çà et là quelques petits bonheurs
je touch(e) le duvet blond d'une peau lumineuse
je caresse les genoux de femmes somptueuses
j'anticipe le goût des rousses et leur odeur
j'ai aux lèvres le goût salé de leur sueur

j'entre par effraction dans les automobiles
où sans honte je mate les cuisses des conductrices

chanson numéro 2

La factrice du quartier

La factrice du quartier
a les cheveux ébouriffés
elle dévale sur son cyclo
le boulevard des Ormeaux
Son anorak jaune et bleu
cache des seins généreux
Ce n'est pas Jacques Tati
la factrice du quartier
elle est beaucoup plus sexy

Elle porte deux sacs lourds
de factures , de revues
de chéquiers, de relevés.
Des mots doux il n'y en a plus
la tendresse SMS
et l'amour par internet
ont succédé désormais
aux enveloppes parfumées
qu'on attend jour après jour

Finis les baisers postés
et les drames en télégrammes
de nouvelles bonnes ou mauvaises
elle n'en est plus messagère
elle en a pris son parti
la factrice du quartier
elle pense à son ami
qui a un autre secteur
et continue sa tournée

Ses cuisses serrent son engin
qui toussote et qui crachote
il sera bientôt dix heures
le chien d'Arnaud va sauter
sur la grille et lui faire peur
la mamie du vingte trois
est morte , ses géraniums ont soif
elle glisse une facture indécente et dérisoire
dans la fente de sa boîte

la factrice est un peu triste.
des gens comme destinataires
qui accusent réception
et conservent leurs mystères
elle garde les papillons
destinés aux mandataires
elle cherche une émotion
dans la rue et dans sa vie
un vieux monsieur lui sourit

des femmes troncs se querellent
à une fenêtre ouverte.
un enfant dans sa poussette
la regarde étonné
ses cheveux ébouriffés
font une crinière fauve
qui mousse sur ses épaules
en dévalant les Ormeaux
sur son cyclo déglingué

Ce n'est pas Jacques Tati
la factrice du quartier
elle est beaucoup plus sexy
Son anorak jaune et bleu
cache des seins généreux
elle en a pris son parti
la vie avec philosophie
la vie avec mélancolie
la vie comme une tournée

chanson numéro 1

A portée de main
A portée de bouche
Tu es là
Je le sais
Sous ma main
Sous ma bouche
Tu es là
C'est certain
Et ça ne suffit pas

Je t'écris mon vieux mari
contre ta présence
Je t'écris
pour te mettre à distance
pour peupler le silence
des mots de tous les jours
qui endorment le coeur
qui tisanent l'amour
Je te vouvoierais presque
pour créer la distance
le vous des tragédies
des princes et des rois
qui glissent vers le toi
quand cède la raison
pas une information
dans mes lettres pour toi
juste le tison des mots
pour t'allumer un peu

A portée de main
A portée de bouche
Tu es là
Je le sais
Sous ma main
Sous ma bouche
Tu es là
C'est certain
Et ça ne suffit pas

Je t'écris mon vieux mari
contre l'évidence
Je t'écris
pour rejoindre ton absence
pour me rendre précieuse
dans ton imaginaire
pour m'abstraire et te plaire
pour te perdre un peu
retrouver dans le jeu
la braise d'une caresse
qu'on tisonne sans cesse
Je t'écris mon vieux mari
contre tes baisers acquis
contre la transparence
ton souffle dans la nuit
le partage des lieux
contre les petits riens
des lois du quotidien

A portée de main
A portée de bouche
Tu es là
Je le sais
Sous ma main
Sous ma bouche
Tu es là
C'est certain
Et ça ne suffit pas

1