29.07.2008

chanson numéro 3

Le mateur

j'entre par effraction dans les automobiles
où sans honte je mate les cuisses des conductrices
diable quelle émotion elles sont découvertes !

je frôle du regard la douceur séductrice
de bas ou de collants, de résilles tentatrices
le mouvement nerveux du pied sur les pédales
déshabillent les dames par petites saccades
je bénis les feux rouges et les embouteillages
je passe de l'une à l'autre comme on tourne des pages

j'entre par effraction dans les automobiles
où sans honte je mate les cuisses des conductrices
diable quelle émotion elles sont entrouvertes !

le triangle isocèle dont le sommet caché
promet douceur touffeur langueur et volupté
invente un espace de rêves et de désirs
une géométrie tournée vers le plaisir
j'aime ces femmes sans tête serties d'un habitacle
qui en toute innocence se donnent en spectacle

j'entre par effraction dans les automobiles
où sans honte je mate les cuisses des conductrices
diable quelle émotion elles me sont offertes!


je me glisse furtif par la vitre chauffeur
pour voler çà et là quelques petits bonheurs
je touch(e) le duvet blond d'une peau lumineuse
je caresse les genoux de femmes somptueuses
j'anticipe le goût des rousses et leur odeur
j'ai aux lèvres le goût salé de leur sueur

j'entre par effraction dans les automobiles
où sans honte je mate les cuisses des conductrices

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